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L’Association des anciens élèves et fonctionnaires du Lycée Gay-Lussac fêtait en 2017 ses cent-cinquante années d’existence et de fidélité à l’établissement. L’occasion d’éditer un livre commémoratif. Fidélité ? Fierté aussi, car Gay-Lu en vaut la peine !

Livre 150 ans de fidélité

Gay-Lussac, étonnant hybride de lycée patrimoine et de « lycée pour tous » chaleureux n’a, en effet, plus rien à voir avec le « lycée de garçons » confiné, que tout chef-lieu de département d’avant 1950 devait recéler en son sein, destiné avant tout aux enfants de notables. Plus rien à voir non plus avec le lycée qu’ont connu les anciens jusqu’aux années 1980, un lycée aux peintures défraichies, aux murs parfois lépreux, aux fenêtres hors d’âge et aux dortoirs en collectifs par lequel sont passés des générations de garnements en culottes courtes, pantalons de golf ou même, des décennies durant, des milliers de « petits messieurs » propres sur eux.

Gay-Lussac, lycée privé de son collège, bénéficie aujourd’hui d’un recrutement étendu grâce à un découpage englobant quartiers intermédiaires cités, banlieues et zone rurale. S’y retrouvent donc des élèves issus de collèges très différents. Double mutation donc : voici un lycée « de centre-ville », héritier d’un riche passé, devenu un « lycée pour tous », en même temps qu’un établissement « bien dans ses murs » suite aux importants travaux menés par le Conseil régional dans la décennie 1990.
Lycée d’excellence aussi, fort de ses 450 élèves de classes préparatoires, scientifiques et littéraires. Amorcée timidement à la fin de la décennie 1940, dans la foulée des idéaux d’une Résistance décidée à démocratiser le pays en profondeur, cette ouverture tenait au départ à pallier l’absence, dans une grande ville industrielle, d’université et de « grande école ». Car il fallut attendre, oui attendre, 1968 pour que soit enfin créée sur Limoges une université de plein exercice. Oublié le voyage à Poitiers auquel furent contraints, un siècle durant, les admissibles au bac appelés pour les épreuves orales !

 

Face au miroir

Lycée inscrit au cœur de sa ville, lycée paysage, lycée doté d’une identité forte, soit. Mais chacun sait aussi que c’est là, dans ces années lycée que se nouent certaines des amitiés les plus durables et s’inventent les groupes d’amis « comme les doigts de la main ».

Livre Less destins d'un Lycée Gay-LussacDe cela, un ouvrage paru en 2011 rendait déjà compte : Les destins d’un lycée publié aux Éditions Culture et Patrimoine, dû à quatre enseignants et anciens du lycée. Parcourant toute l’histoire du lycée depuis ses origines en pleine Renaissance, ils en ont dressé le portrait le plus détaillé possible.

Les Anciens de Gay-Lu ont donc choisi, pour célébrer leur cent-cinquantième anniversaire de faire autre chose : de rappeler ce que furent longtemps le « lycée oublié » et son pendant féminin, le longtemps collège puis lycée de filles, devenu aujourd’hui le lycée Léonard-Limosin. Rappelant ainsi avec quelle lenteur la République s’est engagée dans la diffusion d’un enseignement allant au-delà de l’école élémentaire.

De ce passé, les murs du lycée en gardent encore la trace, outil de travail et de savoir réinventé sur place, à la grande joie d’Anciens, compagnons de route des générations d’aujourd’hui et de demain. C’est ce passé si mal connu qu’ils ont choisi de rappeler en quelques pages et sous des angles divers. L’occasion de rappeler aussi avec quelle lenteur l’enseignement secondaire mit du temps à s’ouvrir aux filles.

 

Disponibles à la vente auprès de l’Association : Télécharger le Bon de Commande

  • 150 ans de fidélité 1867-2017, Association des Anciens élèves et Fonctionnaires du Lycée Gay-Lussac, Limoges, Edité par l’Association des AÉF du Lycée, 2017, 54 pages. Auteurs : Michel C. Kiener, Bernard Gorse, Laurent Bourdelas, Bernard Pommaret
  • Les destins d’un lycée, Gay-Lussac, Limoges, Editions Culture et Patrimoine en Limousin, 2011, 125 pages. Auteurs : Philippe Grandcoing, Michel C Kiener, Michel Métrot, Pascal Texier

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Dans le cadre des 150 ans de l’association, une médaille commémorative en porcelaine a également été éditée (tirage limité à 100 exemplaires).

 

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Pour la 34e édition des JEP, Journées européennes du patrimoine, la Région Nouvelle-Aquitaine vous donne accès à des sites exceptionnels et ouvre les portes de nombreux lycées. Elle s’associe ainsi au thème des journées 2017 : « jeunesse et patrimoine ». Un rendez-vous à ne pas manquer !

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Une trace dans le ciel d'Agnès ClancierEn ce week-end prolongé, nous vous conseillons la lecture des deux derniers ouvrages de notre dernière Présidente de banquet, Agnès Clancier : après « Outback, disent-ils », découvrez « Une trace dans le ciel »

« Elle s’efforce de vider son esprit. D’oublier ce qu’elle sait. Ce qu’elle a vécu ces derniers jours, ces derniers mois. Elle doit tout effacer. Tout sauf l’enfance, la jeunesse, l’amour, les défis, la folie, ce qui, d’elle, leur sera pour toujours inaccessible. Ce qui la rend invulnérable.

Arrêtée par la Gestapo, en mars 1944 pour ses activités de résistante, une femme tente, dans la solitude de sa cellule, de surmonter sa peur pour affronter l’épreuve de la détention et des interrogatoires, d’accepter la perspective de sa propre mort tout en gardant intactes sa détermination et sa foi en l’avenir.
Aviatrice célèbre pour avoir, dans les années trente, battu de nombreux records internationaux, elle se remémore son enfance, les moments heureux de son existence, les êtres qu’elle a aimés, les exploits accomplis, puisant dans ce passé et dans la résurgence d’émotions anciennes la force dont elle a besoin.
Ce roman est inspiré de la vie de Maryse Bastié, une héroïne de l’aviation, de la résistance à l’occupant et de la cause des femmes, qui a relevé tous les défis de son temps et mené tous les combats pour la liberté. C’est aussi un formidable témoignage de cette époque où des fous volants, de Mermoz à Hélène Boucher, ont laissé, souvent au péril de leur vie, des traces dans le ciel, ouvrant ainsi la voie à l’aviation moderne. »

Ed. Aléa – 271 pages – 20 euros.

Couverture du livre

Logo RCF LimousinA l’occasion de la parution de son ouvrage « Les émaux art-déco de l’Atelier Fauré, Limoges 1919-1985 » aux éditions Culture et Patrimoine en Limousin , Laurent Bourdelas reçoit l’historien Michel Kiener (ancien de Gay-Lu) en interview sur le plateau d’RCF Limousin.


LES EMAUX ART DECO DE L’ATELIER FAURE, LIMOGES 1919-1985, de Michel C. Kiener, 2016, aux Editions Culture et Patrimoine en Limousin, 180pages, ISBN : 978-2-91167-90-2, 23×28,5 cm.

Voir le site de l’éditeur Culture et Patrimoine en Limousin

Le 29 janvier dernier, s’est tenue la première des Rencontres de Gay-Lussac. Nous avons eu le plaisir d’accueillir l’historienne de renom, Mona Ouzouf au cours d’un entretien avec Laurent Bourdelas.

Remise de la Médaille de la Ville de Limoges à Mona Ozouf

Remise de la Médaille de la Ville de Limoges à Mona Ozouf

Après quelques mots d’accueil de Jean-Christophe Torrès, Proviseur du Lycée et de Jean-Pierre Levet, président de l’Association, Mona Ozouf a eu la surprise de se voir honorée par la Médaille de la Ville de Limoges, remise des mains du Maire Emile-Roger Lombertie en personne.

Durant près de deux heures d’entretien, elle a évoqué devant un public nombreux, son parcours et les thèmes qui lui sont chers tels que la Révolution française, la République et la littérature.

A l’issue de cet entretien, une séance de dédicaces était organisée en partenariat avec la Librairie Page et Plume, à l’occasion notamment de la sortie récente de son ouvrage « De Révolution en République », paru aux éditions Quarto Gallimard.

Encore tous nos remerciements à Mona Ozouf pour sa participation, et aux partenaires de l’événement, tels que Le Populaire du Centre et la radio RCF.

Un public nombreux pour les rencontres de Gay-Lussac

Compte-rendu de la rencontre avec Mona Ozouf.

La présentation par Laurent Bourdelas

« Mesdames, Messieurs, Chers collègues, Chers élèves et chers anciens élèves,
Je crois que nous avons beaucoup de chance aujourd’hui, à vrai dire une chance exceptionnelle : celle d’accueillir dans notre lycée, pour cette séance inaugurale des Rencontres de Gay-Lussac, une personnalité en tous points remarquable, puisqu’il s’agit de Madame Mona Ozouf, normalienne, agrégée de philosophie, qui a rejoint, par l’intermédiaire de son mari l’historien Jacques Ozouf, spécialiste de l’Ecole républicaine, un groupe d’autres historiens, notamment : Denis Richet, Emmanuel Leroy-Ladurie et François Furet. Membre du Centre de recherches politiques Raymond-Aron à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est ensuite directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Et je vous remercie d’autant plus de votre présence que vous écrivez, dans la préface du Quarto que Gallimard vient de consacrer à vos écrits, que « l’atelier de l’historien » est « toujours encombré par les sollicitations extérieures, colloques, présentations, préfaces, commémorations en tous genres » et que vous observez que votre travail est « si souvent dérouté par ces demandes intempestives ». C’est donc un honneur insigne que vous nous faites en répondant à notre invitation !
Rencontres de Gay-Lussac - Association des Anciens du LycéeLes centres d’intérêt de notre hôte, vous le savez, sont multiples, de l’histoire – en particulier de la Révolution, de la République et de l’Ecole – à la littérature. Mona Ozouf a d’ailleurs cela en partage avec d’autres grands historiens qu’elle est aussi un écrivain de grand talent, plusieurs fois primée, qui a reçu l’an passé à Brive le Prix de la langue française « qui récompense une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique dont l’oeuvre a contribué de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française » ce dont sont convaincus tous ses lecteurs.
C’est pourquoi il est particulièrement plaisant de la recevoir dans ce lycée qui a vu passer entre ses murs – entre autres auteurs – le poète Georges Fourest, Georges-Emmanuel Clancier, Robert Giraud, Pierre Bergounioux ou Robert Margerit, qui écrivit une très belle suite romanesque intitulée  La Révolution rééditée il y a peu chez Phébus. Ce lycée aussi dans la chapelle duquel se réunirent ceux qui préparèrent à Limoges les Etats Généraux de 1789. Et je dois également signaler à Mona Ozouf que ce vénérable établissement a accueilli des élèves qu’elle connaît bien par ailleurs : Jean-Baptiste Jourdan, qui participa à la guerre d’indépendance américaine aux côtés de La Fayette puis fut notamment le général vainqueur de la bataille de Fleurus en 1794, ou  Pierre-Victurnien Vergniaud, grand orateur du parti girondin et de la Révolution, dont vous écrivez, dans le portrait de groupe des Girondins qu’il partage en mars 1793 la Convention en deux groupes : « Celui qui souhaite « entretenir l’effervescence de la Révolution » parce qu’il la croit – Vergniaud est équitable, dites-vous – « indispensable à l’énergie de notre défense » ; et celui, dont il est, qui croit venu le moment « d’arrêter le mouvement révolutionnaire ». Nous y reviendrons, si vous le voulez bien, dans quelques instants.
Pour finir, je crois qu’il n’est pas non plus anodin que cette Rencontre se déroule dans une salle baptisée il y a peu du nom de Joseph Storck, proviseur pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant, qui protégea ses élèves juifs, illustrant ainsi au plus haut point les valeurs issues des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789, et de la République. Nous sommes finalement au cœur de vos travaux – mais aussi d’une certaine manière de ceux de Jacques Ozouf, par ailleurs neveu de Pierre Brossolette – et notamment de ceux qui viennent d’être publiés dans un Quarto Gallimard intitulé De Révolution en République les chemins de la France, qui va nourrir notre conversation… »

Compte-Rendu de l’entretien

Séance dédicaces pour Mona OzoufLa première partie de l’échange a été nourrie par Composition française (2009), livre où Mona Ozouf revient sur son enfance bretonne, et sur la question de l’identité, des identités multiples – elle qui est la fille d’un instituteur laïc et militant de la langue bretonne dans les années 1920-1930, Yann Sohier, et d’Anne Le Den, également institutrice. Elle rappelle que notre identité est multiple, « composée » de ce qui n’est pas choisi et de ce qui l’est. Est évoquée la tragédie de la mort du père alors qu’elle n’a que 4 ans : « il est là et en même temps pas là, passé derrière une porte invisible (…) Tout bascule à ce moment de la vie : car je ne reconnais pas non plus ma mère, entrée dans une dissidence muette. » Dès lors, l’école républicaine tient une place primordiale pour Mona, d’autant plus que sa mère est maîtresse d’école. Elle obtient d’ailleurs le 1er prix de français au Concours général et ensuite réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure où elle prépare et obtient l’agrégation de philosophie. Elle fait néanmoins part de son « regret tenace que me laissait l’abandon de l’enseignement des lettres au profit de la philosophie et de l’histoire a fini par s’apaiser. Je le dois pour une bonne part à Jean Daniel, qui a eu la gentillesse de m’accueillir dans les pages littéraires du Nouvel Observateur pour des contributions aujourd’hui réunies dans La cause des livres. » Mona Ozouf rappelle ses rencontres avec l’écrivain Louis Guilloux, à Saint-Brieuc, qui fût peut-être à l’origine d’un déclic en lui disant : « Tu vois, si on n’est pas capable d’écrire un roman, on peut tout de même écrire ; tu peux devenir la personne qui sait le plus de choses sur Chateaubriand. Et ce n’est pas rien. »
Il est alors question du « le bonheur gratifiant d’enseigner aux élèves ». C’était à une époque où l’on bénéficiait encore pleinement de « l’attention » des élèves si chère au philosophe Alain…  Une époque où la transmission l’emportait encore sur le besoin permanent de communication d’aujourd’hui et où la parole du maître était moins mise en concurrence… où il n’y avait pas cette nouvelle religion du tout numérique et de l’immédiateté.
Vint aussi le moment de l’engagement au Parti Communiste Français, en même temps que la fréquentation de certains amis historiens – l’historienne parle d’un engagement «étourdi », mais aussi d’une fidélité au père et d’une sécurité intellectuelle… Jusqu’à cela devienne le passé d’une illusion… pour reprendre l’expression de François Furet.
Lorsque l’on dit à Mona Ozouf qu’elle est de ces femmes de diverses générations et spécialités, qui, au 20ème siècle, ont brillé par leur magister dans une France et même une Université où les hommes tenaient encore le haut du pavé – on songe à Simone de Beauvoir, bien entendu, évoquée avec d’autres dans le livre Les mots des femmes paru chez Fayard, mais peut-être aussi à Germaine Tillion, Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt, Simone Bertière, Arlette Farge, et quelques autres – elle répond n’avoir rencontré aucun problème particulier, son « féminisme » allant de soi, sans doute hérité de sa grand-mère, « forte femme » comme bien des Bretonnes d’alors. Il est précisé que Mona Ozouf a brossé de magnifiques portraits de femmes, comme Marie-Antoinette ou Madame Roland, à propos de quielle a écrit : « il y a mille destins possibles pour les femmes, mais on peut tous les vivre, et jusqu’au sien, si lugubre, dans l’exercice illimité de la pensée libre. »
Il est ensuite question des travaux de Mona Ozouf à propos de la Révolution Française et de cette idée – développée dès La Fête révolutionnaire 1789-1799 dans une perspective anthropologique avec Alphonse Dupront – selon laquelle il y aurait à travers cette période une unité et une cohérence de programme… Il y aurait même une immédiate radicalité de la Révolution, dès 1789 Il y avait une volonté de rompre avec « l’Ancien régime » qui n’attendit pas 1793, une volonté de faire « table rase », une idée de régénération, d’éliminer « le mal » (on songe à Robespierre, mais aussi à Mirabeau qui dit « nous recommençons l’histoire des hommes ». Il faut exclure les « impurs », les aristocrates. En même temps, cette volonté politique des révolutionnaires doit tenir compte de la géographie, de l’histoire, de l’habitude, des coutumes qui ont précédé 1789. Est aussi rappelée la controverse entre l’anglais Edmund Burke et l’américain Thomas Paine, le premier évoquant l’association des morts, des vivants et de ceux à naître, et le second – favorable à la Révolution bien que malmené par Robespierre – parlant de l’ « autorité usurpée des morts ». Il s’agit aussi de cela, avec la Révolution Française… Du fait aussi que la France serait une nation plus politique que culturelle… (Taine parle de « mal français »).
Après la Révolution Française, après les aléas politiques et constitutionnels du 19ème siècle, il s’est agi de mettre en place, à partir de 1870 et même plus précisément à partir de 1879, la République et même de choisir quelle forme de République. Une République, explique Mona Ozouf, « qui répare », héritière de la Révolution, mais aussi de l’Empire et finalement de tout le 19ème siècle… L’un des moyens d’affermissement de cette République – sans doute le principal – est l’Ecole, étudiée avec Jacques Ozouf dans La République des instituteurs mais aussi dans un livre consacré à Jules Ferry, la liberté et la tradition, qui restaure l’instruction obligatoire et la laïcise – Ferry est d’ailleurs membre du Grand Orient de France. Cette République et cette Ecole vont de pair. Au programme de cette école républicaine, l’histoire joue un rôle important, peut-être majeur, qui permet de réconcilier le passé et la Révolution – celle-ci servant d’ailleurs d’aune pour juger le passé, établissant des distinctions entre moments de retard dans la marche vers le progrès et bon chemin – y compris en distinguant par exemple les « bons » rois des autres…

Librairie Page et Plume partenaire de l'événementAvec Jules Michelet puis Ernest Lavisse – dont l’historienne a rédigé avec Jacques Ozouf une préface aux Souvenirs – se construit un « roman national républicain » enseigné aux petits Français, futurs citoyens – et parfois aussi futurs combattants car il faut réparer la blessure de 1870 – ; on se souvient de la phrase de Lavisse dans l’un de ses manuels : « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle, et parce que l’Histoire l’a faite grande. » Mona Ozouf dit « installer la gloire et la grandeur au centre de l’école. » Et en même temps, on assiste à un assouplissement du modèle jacobin, la République s’enracinant finalement « en prenant appui sur les particularités locales », par exemple avec le Tableau géographique de la France de Vidal de La Blache, la diversité française apparaissant comme une chance… Finalement, l’identité française que l’on a parfois tenté d’instrumentaliser est un équilibre fragile entre volonté d’universalisme et attachement aux racines…

Ainsi se termine la première des Rencontres de Gay-Lussac.

Mot d'accueil

Pour assister aux prochaines Rencontres de Gay-Lussac, pensez à adhérer à l’Association !
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Invité de la prochaine rencontre : Michel AUCOUTURIER

Une cérémonie pleine d’émotions.

Avec le précieux concours du CVL du Lycée, retrouvez en vidéo l’intégralité des discours prononcés lors de la cérémonie du 04 novembre en hommage à Monsieur Storck.

Les Rencontres de Gay-Lussac ont pour but d’inviter au Lycée, environ quatre fois par année scolaire, des personnalités d’envergure nationale (littérature, histoire, philosophie, sciences, économie, art…) afin qu’elles partagent leurs connaissances, leurs recherches, leurs créations… avec les élèves du lycée et des classes préparatoires aux grandes écoles, les personnels et les « anciens » de l’établissement.

Mona Ozouf

Mona Ozouf © Souloy/SIPA

Première invitée des Rencontres…
La grande historienne Mona OUZOUF.

Directeur de recherche au C.N.R.S., historienne, auteur de nombreux ouvrages, Mona OZOUF reviendra sur son parcours et les thèmes qui lui sont chers tels que la Révolution française, la République et la littérature, au cours d’un entretien avec Laurent Bourdelas.

Rendez-vous VENDREDI 29 JANVIER 2016, de 18h à 20h, au Lycée Gay-Lussac.

Entrée gratuite, mais inscription préalable obligatoire (nombre de places limité) : je m’inscris

Ces Rencontres ont une vocation à la fois citoyenne et culturelle, éducative au sens premier du mot ; elles se veulent enrichissantes pour tous, créeront également du lien entre élèves actuels et anciens ; organisées en accord avec la direction de l’établissement, elles contribueront au rayonnement du Lycée, ainsi qu’à celui de la ville de Limoges et du Limousin, désormais au cœur d’une région plus vaste.

Ces rencontres sont organisées par l’Association des Anciens de Gay-Lu et animées par Laurent Bourdelas, membre du comité de l’Association.

 Joseph Storck (avec le chapeau sur la photo) proviseur du lycée Gay-Lussac de 1938 à 1944

Joseph Storck (avec le chapeau sur la photo) proviseur du lycée Gay-Lussac de 1938 à 1944

Joseph Storck a été proviseur du lycée Gay-Lussac, de 1938 à 1944.

Il sauve de nombreux pensionnaires juifs en leur donnant de fausses identités. Il les cache lors des perquisitions. En mai 1943, onze élèves membres d’une organisation résistante sont arrêtés et internés au camp de Nexon. Il prend leur défense devant le conseil de discipline, et organise la correction de leurs devoirs. Il obtient qu’ils sortent du camp pour passer des examens. Le 14 juin 1998, il reçoit à titre posthume le titre de Juste parmi les nations du mémorial de Yad Vashem.

Le 4 novembre à 11 heures, une cérémonie lui a rendu hommage, au lycée Gay-Lussac et a donné lieu à l’inauguration d’une plaque commémorative en présence de représentants de sa famille et de nombreux officiels.

Retour sur la cérémonie en images

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