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En réponse aux nombreuses demandes reçues par l’Association des Anciens de Gay-Lu, nous poursuivons notre série de mise en lumière de parcours professionnels de certains de nos “anciens” depuis leur passage à Gay-Lussac. Notre camarade Lionel Champeaud, actuellement en poste dans le secteur de l’aéronautique, chez Airbus Defence and Space, a accepté de répondre à nos questions.

 

A quelle période étiez-vous à Gay-Lu ?

J’étais au Lycée Gay-Lussac de Limoges de la seconde à la terminale, de 1976 à 1979, pensionnaire.

Vous travaillez aujourd’hui pour Airbus Defence and Space, quel a été votre parcours depuis le lycée, comment s’est faite votre orientation professionnelle ?

Je suis toujours en activité, et dirige actuellement les activités commerciales d’Airbus Defence and Space pour la région Russie, Pays Baltes, Asie Centrale, Caucase et Europe Centrale. Il s’agit pour l’essentiel des produits et services d’aéronautique militaire et d’activités spatiales (A 400 M, Eurofighter, Cybersécurité, activités satellitaires, imageries, Centres de Contrôles et de Commandement, Sécurité des Frontières, Centre de Communications, etc.).

Après le Lycée j’ai poursuivi ma scolarité à l’INALCO en langue russe et affaires internationales, à la Sorbonne Paris III, puis ensuite à Paris VII pour un titre d’Ingénieur en Marketing Industriel International, sanctionné par une thèse réalisée auprès d’une entreprise privée sous contrat de recherche en Intelligence Artificielle avec le Ministère de la Défense.

Plus tard, j’ai également suivi le cursus de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale), dans sa session Internationale en 1998.

J’ai ensuite rejoint la CCI du Loiret en tant qu’adjoint au directeur du commerce international, puis très rapidement la direction générale des affaires internationales et de l’action commerciale du groupe Aerospatiale en tant que Délégué général pour l’URSS.

J’ai alors rejoint Moscou en octobre 1991 pour y établir la représentation du groupe et débuter le développement des activités civiles (Airbus alors GIE, hélicoptères pour la sécurité civile, achat de titane pour la production des avions Airbus, mise en place de la société de commercialisation des lanceurs Soyuz en complément d’Ariane V via Arianespace, entre autres, jusqu’en 1996).

Ensuite, j’ai poursuivi ma carrière au sein des directions générales d’Aerospatiale, d’Aerospatiale Matra Lagardère International, d’EADS et d’Airbus.

Pour les élèves actuellement au lycée, quelques mots sur votre métier…

Les métiers du Commerce international dans le secteur aérospatial requièrent des connaissances pluridisciplinaires, de fortes aptitudes de “leadership”, de négociations, de “management”, une grande capacité de travail, et une excellente aptitude physique pour enchainer les décalages horaires permanents.

De nombreux types de métiers se retrouvent dans un groupe tel qu’Airbus, multinational et multiculturel, implanté dans le monde entier, ainsi ouvert à toutes origines d’études scientifiques, commerciales, sciences humaines, etc.

Un souvenir marquant de vos années à Gay-Lu à partager avec les lecteurs du Mag ?

Un souvenir marquant au Lycée ?… Sans doute la grève de la faim qu’avec des camarades pensionnaires nous avions déclenché tant nous étions mal nourris, action qui m’a valu d’être renvoyé et réintégré le lundi suivant après enquête académique et sanction envers un membre.

 

 

Lors de nombreuses réunions du Conseil d’administration des Anciens de Gay-Lu, nous avons évoqué l’idée de mettre en lumière le parcours professionnel de certains de nos “anciens” depuis leur passage à Gay-Lussac. A l’occasion de l’AG 2020 malheureusement ajournée, notre camarade Danièle Lajoumard devait donner une conférence en lien direct avec le poste d’Inspecteur Général des Finances qu’elle occupe aujourd’hui. Elle a accepté pour l’occasion de répondre à nos questions.

 

A quelle période étiez-vous à Gay-Lu ?

J’ai eu le bonheur d’être élève à Gay-Lussac dès le collège, de 1970 date de mon entrée en 4ème, jusqu’en 1975 date d’obtention du baccalauréat.

 

Vous êtes aujourd’hui Inspecteur Général des Finances, quel a été votre parcours depuis le lycée, comment s’est faite votre orientation professionnelle ?

Danièle LajoumardMême si, au lycée, j’étais une élève des classes scientifiques (à l’époque l’on parlait de la filière C), j’avais une grande passion pour des disciplines littéraires, comme le Latin, le Grec, la philosophie ou l’histoire, qui mobilisent la rigueur dans l’analyse et le raisonnement. Le Droit s’inscrivait parfaitement dans ce cadre. J’ai donc commencé des études dans cette matière à Limoges, puis à Orléans et Toulouse avant de les terminer à Paris I (Panthéon-Sorbonne) où j’ai obtenu ma maîtrise de droit public.

Pourquoi ce nomadisme universitaire ? Parce qu’ayant réussi le concours de contrôleur en 1976 puis d’inspecteur en 1977, je travaillais parallèlement dans cette belle administration des services extérieurs du Trésor, ce qui m’a conduit à être de 1979 à 1982 chef de la trésorerie de Souvigny dans l’Allier. Major du concours d’Inspecteur principal du Trésor en 1985, j’ai été affectée à la recette générale des finances de Paris, puis après un bref retour dans l’Allier, j’ai été nommée inspecteur des finances « au tour extérieur », c’est-dire sans prendre la voie classique de l’ENA. Après quatre ans de missions au sein de l’Inspection générale des finances (IGF) et un détour par Moscou pendant six mois dans le Poste économique auprès de l’Ambassade de France, j’ai été recrutée par EDF pour exercer des fonctions de direction pendant huit ans, de 1994 à 2002. Depuis lors, je suis revenue à l’IGF en tant qu’inspecteur général des finances.

 

Pour les élèves actuellement au lycée, quelques mots sur votre métier…

L’Inspection des Finances effectue des missions à la demande du ministre de l’économie et des finances ou du Premier Ministre ou d’autres autorités sur des thèmes très divers et sous des formes variées (vérification, évaluation, audit, études…). A ce titre, je participe chaque année à des missions, avec le plus souvent de jeunes camarades entrés dans ce que l’on appelle « la tournée » qui dure quatre ans, avant qu’ils ne partent pour prendre des responsabilités dans divers secteurs.

Mais les inspecteurs généraux, qui sont directement rattachés au ministre, ont d’autres fonctions qu’il leur confie. C’est ainsi que je suis également chef de la mission d’audit interne des ministères économiques et financiers, c’est-à-dire que j’organise et supervise des missions qui visent à examiner leur capacité à assumer les missions qui leur incombent. Je suis également membre de différents comités dans lesquels je représente le ministre ou l’IGF ou auxquels je participe en tant que personnalité qualifiée.

L’IGF n’a pas défini de profil type pour devenir inspecteur des finances mais elle attend de ses membres une triple exigence de service, de rigueur et d’excellence. Les qualités essentielles sont donc le goût de l’analyse, la rigueur méthodologique et déontologique, des facultés d’adaptation à des environnements divers, le goût du travail en équipe, le sens du dialogue et de l’écoute, la curiosité et l’ouverture et l’esprit de synthèse.
En fait tout ce que, dans mon souvenir, donne Gay-Lu !

 

Un souvenir marquant de vos années à Gay-Lu à partager avec les lecteurs du Mag ?

Les jours heureux n’ont pas d’histoire or le long passage à Gay-Lu est un moment particulièrement heureux grâce à des professeurs qui essayaient de transmettre le meilleur de leur savoir et d’eux-mêmes et de nous tirer vers le haut et à des camarades de classe agréables à côtoyer. Mes souvenirs sont donc moins faits d’anecdotes sur des faits saillants que de moments bénis comme ceux où notre professeur de Latin ayant terminé son cours du jour nous lisait une nouvelle de Maupassant jusqu’à la sonnerie, où notre professeure de Grec emmenait aux beaux jours ses deux seules élèves dans la cour pour réciter les verbes irréguliers sur un banc au soleil, où notre professeure de mathématique débutait son cours en posant une nouvelle fonction avec une énergie contagieuse et tant d’autres moments de grâce qui m’ont donné le goût du savoir, de la découverte, de la rigueur mais aussi des échanges humains.

 

Merci à Danièle Lajoumard de ce partage.

Danièle Lajoumard devait donner une conférence le 14 novembre à l’occasion de l’AG, malheureusement ajournée du fait des contraintes sanitaires. Nous ferons notre possible pour reprogrammer ce temps de rencontre. Merci de votre compréhension.

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