Afin de faire face à ces semaines de confinement qui s’enchaînent, notre camarade Paula Iselin, membre active de la Commission Culture, nous propose de partager quelques uns de ses coups de cœur, anciens ou récents, à propos de diverses sortes d’enfermement… #restonscheznous #restezchezvous
Côté Littérature
Louise Penny « Le beau mystère »
(Série Une enquête de l’inspecteur-chef Armand Gamache)
Un huis clos au sein d’un monastère, caché au creux d’une forêt québécoise. Une communauté protégée par le silence et par sa passion pour le plain-chant, le « beau mystère ». L’assassinat du chef de chœur provoque l’irruption, dans ce lieu fermé à tout étranger, de deux enquêteurs, qui vont ainsi vivre l’expérience d’une retraite forcée, d’un étrange « confinement ».
Elena Piacentini, « Des forêts et des âmes » (2014)
(Série Pierre-Arsène Leoni, 6)
Un centre psychiatrique pour adolescents en difficulté, dans la forêt vosgienne. Une jeune femme dans le coma. Autour d’eux, le tissage étouffant des intérêts financiers.
Metin Arditi, « L’Enfant qui mesurait le monde » (2016)
(prix Méditerranée 2017, prix du meilleur roman des lecteurs Points 2017, Prix Littératures Européennes Cognac – Prix des Lecteurs 2017 )
Une petite île grecque, coupée de la modernité, où un jeune autiste tente d’ordonner le chaos du monde.
Côté Spectacle vivant
Et, pour écarter les barreaux, encore et toujours, la musique !
Un beau concert baroque, à la Chapelle Royale de Versailles, par le Concert d’Astrée, sous la direction d’Emmanuelle Haïm.
En première partie, deux grands motets, In convertendo Dominus, de Rameau ; In exitu Israël, de Mondonville; puis le Requiem de Campra.Spectacle filmé le 20 novembre 2019 à la Chapelle Royale de Versailles
Tournée européenne en novembre 2019
Quelques réactions au « confinement »
Journal de confinement de Wajdi Mouawad, directeur de La Colline
Le journal du lundi 6 avril, Jour 21, est à écouter, par les amoureux des chats, en particulier, des animaux, en général !
Quelques émissions à [re]découvrir au gré des intérêts de chacun
Fête de la science 2017
Hypatie d’Alexandrie
Philosophe et mathématicienne grecque du IVe s., à la fin pour le moins tragique, merveilleusement interprêtée par Rachel Weicz, dans le film Agora, présenté au Festival de Cannes 2009, et largement primé (Prix Goya, festival international du film des Hamptons)
L’émission « Au cœur de l’orchestre » de France Musique, en particulier celle du 9 février 2020, qui nous permet de mieux appréhender les différents rôles des instruments au sein de l’orchestre, à partir d’extraits musicaux allant de Mozart à Eliott Carter (1908-2012).
Anciennes et anciens de Gay-Lu, vous souhaitez contribuer en nous partageant vos coups de coeurs ? Faites-le nous savoir afin que nous puissions relayer l’information sur le Mag !




L’ARAL (Association Régionale des Amis du Limousin) a été fondée en juin 2015. Elle a pour but d’intervenir dans la vie culturelle régionale en mettant en valeur les richesses du patrimoine et l’identité de la région Limousin.

Il s’agit d’un récit autobiographique original, très émouvant, bouleversant même, qui pourrait s’intituler Le Livre de mon père. Le déversement de ses moindres états d’âme, la complaisance autobiographique sont à la mode aujourd’hui, mais tel n’est pas du tout le cas ici. L’auteur y parle avec pudeur, tendresse et gravité de son père, qui va mourir dans une maison de retraite et auquel il rend visite tout en essayant d’analyser et repenser (douloureusement mais pieusement) la relation filiale. Ce livre du Père constitue un magnifique adieu, d’autant plus touchant , qu’à partir de de ce point nodal final, l’auteur nous livre le récit d’une vie sans jamais abandonner la retenue et une pudeur extrême.
Chaque année, de nombreux camarades, Anciens du Lycée Gay-Lussac, publient des ouvrages sur de nombreux sujets. Vous pouvez retrouver régulièrement des articles les mettant en avant sur 

L’hommage posthume est une forme d’accaparement. Les projecteurs sont braqués sur les soubresauts d’un vécu que la caste médiatique se plait à dépecer pour en extraire le suc. Robbe-Grillet mort, est-ce bien là l’intérêt d’un tel article ? Non. Jamais l’ancien académicien n’aurait toléré que l’on réduise le corpus né de sa plume à un parcours de vie. « L’artiste ne met rien au-dessus de son travail, et il s’aperçoit vite qu’il ne peut créer que pour rien », rappelle-t-il dans l’un de ses écrits. L’œuvre est semblable au corps vivant. Présente. Concrète. Palpable. Balayons la causalité, abandonnons les interrogations scientifiques et terrassons la logique pour pénétrer dans sa cité fantôme. Détruisons « l’univers des significations » pour voir dans les gestes et objets des réalités pures. Songeons aux Gommes et à l’étrange évocation de cet outil érigé en sujet. Cet infime élément n’est plus une vulgaire matière mentionnée pour exécuter la besogne d’un personnage. Elle est, par elle-même et pour elle-même. De l’aveu même de Robbe-Grillet, les « choses […] n’accepteront la tyrannie des significations qu’en apparence ». Si les objets contenus dans les cahiers de l’auteur sont en eux-mêmes une revanche sur l’homme élevé au rang de grand ordonnateur, donnons une place prépondérante aux œuvres du Nouveau Roman. Piochons dans les vieilles étagères ces bijoux bruts et durs et (re)découvrons cette littérature encore injustement décriée. L’œuvre d’art n’est en rien le laquais d’une idée ou d’un homme. C’est une réalité. Un fait. Un phare admiré pour sa forme.


