Toute l’actualité sur les événements organisés, par l’association des Anciens de Gay-Lu et son réseau, à Limoges, Paris, ou ailleurs, comme autant de temps de rencontre et d’échanges avec les anciens du Lycée Gay-Lussac, les élèves, professeurs…
Retrouvez l’agenda complet sur la page Evénements.

Projection du Film documentaire sur Pierre Bergounioux en avant-première dans le cadre du Mois du Film documentaire.

Le 4 mai dernier, à l’occasion des Rencontres de Gay-Lussac organisées par l’Association des Anciens de Gay-Lu, le lycée Gay-Lussac accueillait dans ses murs Pierre Bergounioux, l’un de ses plus brillants anciens. Avec émotion, il avait retrouvé sa salle de classe, celle qui fut la sienne lors de ses années d’Hypokhâgne et de Khâgne.

Retour sur la Rencontre de Gay-Lussac

Deux années de labeur qui lui valurent néanmoins d’intégrer l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud. Agrégé de Lettres modernes, ce professeur est aussi reconnu pour être un écrivain contemporain à la fois reconnu par la critique et apprécié par le grand-public.

Son œuvre, riche de plus d’une soixantaine de titres, puise à sa propre histoire : celle d’un enfant né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Brive-la-Gaillarde, qui a grandi en Corrèze avant de venir faire ses études supérieures à Paris. Aujourd’hui, Pierre Bergounioux est devenu l’une des voix essentielles du paysage littéraire français.

Pierre Bergounioux

Source http://www.moisdudoc.com/moisdudoc/film_image/Pierre_B_Ventadour_1506691251.jpg

Pierre Bergounioux, la passion d’écrire

Un film réalisé par Sylvie Blum
Production : INA avec la participation de France Télévisions – France, 2017 – 52 minutes, VF

Pierre Bergounioux écrit pour les morts, pour ceux de la région d’où il vient, la Corrèze du sud. L’écrivain nous fait visiter son royaume ingrat, sec, repilé sur lui-même, mais où il a été heureux, un royaume habité aujourd’hui par les fantômes. Les villages presque vides, les cimetières, tout ce qui résonne avec la dureté âpre du plateau de Millevaches.

Le lundi 6 novembre à partir de 20h00, en Salle Storck, France 3 Limousin souhaite faire profiter aux étudiants, élèves et anciens du lycée Gay-Lussac de la diffusion en avant-première du film documentaire consacré à Pierre Bergounioux. Un véritable privilège que de découvrir ou redécouvrir la vie de cet homme érudit, corrézien, poète et engagé.

Pierre BergouniouxSi Pierre Bergounioux ne devrait pas être présent ce jour-là, en revanche la réalisatrice du documentaire, Sylvie Blum, participera à l’évènement. A cette occasion, elle ne devrait pas manquer de nous livrer ses impressions sur cet écrivain exigeant et attachant ainsi que sur le tournage de ce témoignage télévisuel.

A noter que cette projection s’inscrit dans le cadre du Mois du film documentaire piloté par le Pôle d’éducation à l’Image/ les Yeux verts (une antenne de la Région chargée de promouvoir le film documentaire auprès de tous les publics).

A ne pas rater !

 

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langage binaire

 

Dans le cadre du congrès national de l’Union des A, organisé par l’association des Anciens du Lycée Gay-Lussac en 2017 à Limoges, un grand thème fait l’objet d’échanges et de débats. Le thème choisi cette année est Langue, culture et citoyenneté. Des langues anciennes à l’ère 3.0. Les échanges seront conduits par Jean-Pierre Levet, Président des Anciens de Gay-Lu, Professeur émérite de langue et littérature grecques, et de grammaire comparée des langues indo-européennes à l’Université de Limoges.

L’association des Anciens du Lycée Limosin, membre de l’Union des A, est associée à l’organisation.
Ce colloque se déroulera VENDREDI 6 OCTOBRE, au Lycée Gay-Lussac en matinée, et à la Cité Scolaire Léonard Limosin l’après-midi.

INFOS PRATIQUES ET INSCRIPTION

 

Langue, culture et citoyenneté. Des langues anciennes à l’ère 3.0

La part de l’enseignement du latin et du grec dans les lycées et collèges n’a pas cessé, pour différentes raisons, en particulier pour une suspicion d’élitisme, de diminuer depuis plus d’un siècle, alors que certains parlementaires, comme le docteur Levraud, à la fin du XIXème siècle, voyaient en lui la base d’une éducation républicaine bien comprise.
Sa survie même est aujourd’hui en cause et l’on peut raisonnablement s’interroger sur l’avenir du latin et du grec dans les établissements secondaires à l’ère du plein développement de l’informatique, de la télématique et de leurs nombreuses et diverses applications.

tablette sculptée Le débat se révèle d’actualité. Voici deux faits concrets, choisis parmi beaucoup d’autres, qui le montrent à l’évidence : dans sa campagne électorale le nouveau président de la République a pris explicitement position pour le rétablissement dans les collèges de l’étude du latin et du grec, qui avait été dénaturée et quasiment supprimée sous le quinquennat de son prédécesseur, si bien que des mesures réglementaires ont déjà été arrêtées à ce sujet ; d’autre part, un hebdomadaire national de grande diffusion a récemment expliqué que tous les grands thèmes de la vie sociale, politique et morale se trouvaient exposés par Homère et donc soumis à la réflexion des lecteurs avisés de l’Iliade et de l’Odyssée, le long article donnait ainsi raison à Charles Péguy qui préférait la nouveauté des vers de l’aède à celle des informations du quotidien du jour.

Cela étant, la discussion qui sera lancée à l’occasion du congrès national de l’Union des A sera composée de quatre temps distincts.

  • Une présentation générale proposée par Jean-Pierre Levet, professeur émérite à l’Université de Limoges.
  • Une réflexion sur les langues anciennes et la maîtrise du français sera conduite par Isabelle Klock-Fontanille, professeur à l’Université de Limoges, membre senior de l’Institut Universitaire de France, directrice de l’ELCOA à l’Institut Catholique de Paris.
  • Dans un troisième temps Yves Liébert, professeur à l’Université de Limoges, traitera le sujet suivant : la place de la culture classique gréco-latine dans le monde d’aujourd’hui et dans celui de demain. Son intervention sera complétée par celle de Robert Bedon, professeur émérite à l’Université de Limoges, qui rappellera la place occupée par le latin dans la toponymie de la France à partir d’un voyage linguistique effectué le long d’un itinéraire partant de Bourges et arrivant à Limoges.
  • Christiane Besse, professeur honoraire au lycée Léonard-Limosin de Limoges, enfin, évoquera de façon détaillée la richesse du recours au latin et au grec pour la formation civique des élèves contemporains et de leurs successeurs dans l’avenir.

 

Quelques thèmes fondamentaux

Mais d’ores et déjà Jean-Pierre Levet souhaiterait attirer l’attention des futurs participants au débat sur quelques thèmes fondamentaux.

La maîtrise du langage et de la grammaire que permet d’acquérir, à différents niveaux bien évidemment, l’apprentissage du latin et du grec n’est-elle pas une base utile en vue d’une insertion sociale réussie et de la progression dans l’exercice des métiers intellectuels liés à la possession d’un diplôme universitaire ?

La culture 3.0 risquant manifestement d’entraîner dans les esprits une confusion entre le réel et le fictif, le vrai et le faux, le bien et le mal, un enseignement intelligemment conçu et orienté des langues et littératures anciennes ne peut-il pas servir d’antidote efficace, plus efficace que d’autres pour de nombreuses raisons à ce danger, dont on ne mesure sans doute pas toujours la gravité ?

philosophesLes Anciens sont les inventeurs de la démocratie, d’une démocratie conçue d’une manière bien différente de la nôtre certes. Mais les textes qu’ils nous ont légués nous permettent de nourrir sur tous les thèmes politiques et moraux qui s’offrent à notre pensée une réflexion dense, féconde et surtout dépassionnée.
Une idée majeure, bien adaptée à l’ère 3.0, semble tout particulièrement mériter d’être retenue : quand la vie politique devient largement, pour ne pas dire excessivement, une affaire de pure communication, d’une communication dans laquelle, par essence, le vrai n’est pas tout à fait vrai, le faux pas tout à fait faux, le réel pas tout à fait réel, le fictif pas tout à fait fictif, on retrouve ce que furent les conditions d’action et de destruction de la sophistique, en bien pire, parce qu’à la rhétorique abusive des mots s’ajoute maintenant celle des images.

Les auteurs antiques, à Athènes comme à Rome, ont combattu ce dévoiement de la pensée et de la parole et nous ont enseigné les méthodes qui permettent d’en déjouer les pièges les plus redoutables qui constituent de graves menaces tant pour les individus que pour les communautés. Pourquoi ne pas chercher à redécouvrir leurs leçons et à les analyser en lisant et en commentant les textes qui sont parvenus jusqu’à nous ?
Ne devrait-on pas sérieusement méditer la démonstration faite par les Grecs au sujet des excès de la liberté de parole, Lorsque celle-ci se transforme en liberté de dire et de tenter d’imposer tout et n’importe quoi, en licence, ce qui est appelée péjorativement parrhêsia, il n’y a plus de liberté pour les citoyens non avisés, c’est-à-dire pour la grande masse des habitants de la cité et donc il n’y a plus de démocratie authentique possible.

Cette idée traduite en langage moderne peut s’exprimer de la façon suivante : les excès de la com’ sont mortifères pour la démocratie et pour les valeurs qui lui sont associées. La redécouvrir dans des textes vieux de vingt-cinq siècles pourrait inciter à réfléchir sur certaines conceptions du progrès. On ne soigne plus les malades comme on le faisait du temps d’Hippocrate, mais on applique dans la vie politique des pratiques dont la dangerosité et la nocivité ont été démontrées par certains des contemporains ou quasi-contemporains de l’illustre savant et l’on écarte ainsi délibérément ou par pure et dramatique ignorance ce qui devrait être, selon l’expression de Thucydide, un « acquis pour toujours ».

Quels que soient les apports des âges modernes à notre culture, ils n’affectent en rien le socle solide hérité de l’Antiquité, que ce soit dans les arts ou dans les réflexions philosophiques sur ce que sont la pensée, l’intelligence et le sens moral (la mythologie, par exemple, condamne de façon constante tout ce qui relève de la démesure, de l’hybris).
L’Union européenne, d’autre part, n’a-t-elle pas emprunté une mauvaise voie en ne se construisant pas d’abord sur un héritage culturel commun à tous les peuples qui la constituent, l’héritage gréco-latin, mais sur d’autres bases, de nature économique, qui auraient pu n’être que secondairement développées, une fois un socle stable assuré pour que la solidité de l’édifice ne soit pas mise en péril.

grec ancienQuels sont aujourd’hui ceux des membres de sa classe politique qui savent que le projet contemporain en cours de réalisation n’est que le second élaboré dans l’histoire, le premier ayant été imaginé par Gerbert d’Aurillac (pape Sylvestre II de 999 à 1003), fils d’un serf auvergnat et génie aux connaissances universelles, sous la forme d’un empire européen pacifique réunissant tout le continent, Russie comprise, sur le fondement de la culture classique commune en vue du progrès humain, économique, social et scientifique ? Seule une mort prématurée empêcha ce « faiseur de rois » (Pologne, Bohême, Hongrie, mais aussi France avec Hugues Capet, dont il était le secrétaire) de tenter de mettre à exécution son immense projet avec le soutien d’Otton III, lui aussi trop tôt disparu.
Alors que les jeunes Chinois apprennent aujourd’hui avec bonheur et efficacité à former leur pensée à tous les niveaux scolaires et universitaires en lisant leurs auteurs classiques et plus particulièrement Confucius, pourquoi dans le même temps l’Europe, loin de promouvoir ses propres classiques, en détruit-elle avec une constance qui confine à l’acharnement l’enseignement jadis si florissant partout ?

Mais considérer que la culture et l’humanisme gréco-latin, les langues anciennes et leur étude ne concernent que la France, les aires francophones et l’Europe serait une grave erreur. L’ensemble de cet héritage classique est aussi par nature profondément euro-méditerranéen, c’est-à-dire lié également à l’ensemble du Proche-Orient, au nord de l’Afrique et à la Perse.
C’est ainsi qu’un philosophe et philologue contemporain, Dimitri Gutas, a pu écrire, il y a une vingtaine d’années, un livre important intitulé Greek Thought, Arabic Culture, et relatif aux traductions en arabe et en persan des œuvres philosophiques et scientifiques majeures de la Grèce dans une Maison de la Sagesse fondée à Bagdad au début du IXème siècle. Ses membres, chrétiens, juifs et musulmans, appelaient tous Aristote LE philosophe.

Voilà donc quelques-uns des grands thèmes que nous développerons dans une discussion dont nous souhaiterions avoir convaincu chaque futur participant qu’elle peut être passionnante et d’une permanente actualité aujourd’hui et demain.

Vos suggestions, vos convictions et aussi bien sûr vos objections seront toutes les bienvenues avant le congrès. Nous les attendons.

INFOS PRATIQUES ET INSCRIPTION

L’organisation du 96e Congrès de l’Union des A à Limoges se déroule dans le cadre des 150 ans de l’association des Anciens de Gay-Lu, et avec le soutien de la Ville de Limoges. En savoir plus sur l’association.

Pour la 34e édition des JEP, Journées européennes du patrimoine, la Région Nouvelle-Aquitaine vous donne accès à des sites exceptionnels et ouvre les portes de nombreux lycées. Elle s’associe ainsi au thème des journées 2017 : “jeunesse et patrimoine”. Un rendez-vous à ne pas manquer !

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Les Anciens de Gay-Lussac ont eu le plaisir d’accueillir le lundi 20 mars à 17h30, M. Jérôme Cadet, journaliste à France Info, à l’occasion d’une nouvelle Rencontre.

Jérôme CadetRetenu par ses obligations professionnelles, Laurent Bourdelas, l’animateur habituel, avait dû céder sa place à Jean-Pierre Levet, auquel il avait confié la trame des questions qu’il avait prévues de longue date.

Le journalisme : une profonde vocation

Après avoir brièvement présenté l’invité du jour à un public que l’on aurait souhaité voir plus nombreux, Jean-Pierre Levet a ouvert la Rencontre en interrogeant son hôte sur son parcours au lycée et sur les impressions qu’il en avait conservées. Quelques souvenirs scolaires ayant été rappelés, Jérôme Cadet a expliqué que devenir journaliste fut pour lui très tôt une authentique et profonde vocation. Il raconta comment, avec une inlassable ardeur, il commença son activité de serviteur zélé de l’information en offrant une collaboration bien souvent bénévole à divers organes de la presse écrite.

Une fois achevée sa formation professionnelle, dont il décrivit le contenu, il entama, après ses débuts professionnels dans le métier, ce qui allait être une belle carrière qui le conduisit à Radio France, de France Bleue à France Inter et à France Info, où il est actuellement responsable d’un important créneau horaire dans sa spécialité.

Le sens critique : un essentiel du métier de journaliste

C’est avec une grande clarté dans l’expression et beaucoup de franche simplicité que Jérôme Cadet exposa son parcours, n’omettant ni les difficultés rencontrées et surmontées ni les satisfactions éprouvées dans un travail accompli avec une passion constante. Il insista longuement, au fil des questions qui lui furent posées, sur la diversité des tâches du journaliste d’information, vivant dans une perpétuelle actualité qui ne cesse d’évoluer avec toujours présentes à l’esprit des préoccupations primordiales d’ordre déontologique. Elles le poussent à mettre en œuvre un sens critique toujours en éveil pour vérifier la fiabilité et la véracité de ses sources avant de transmettre ce qu’il a appris. Pour finir de convaincre des auditeurs vivement intéressés par ce qui leur était dit, plusieurs anecdotes significatives furent racontées en forme d’illustration des nécessaires exigences s’imposant à celui qui se donne pour mission d’informer avec sérieux et loyauté.

Questionné sur l’avenir des différentes formes de médias, Jérôme Cadet mit son expérience acquise par la pratique et sa connaissance du milieu journalistique au service d’une réflexion dense et enrichissante ouvrant, pour le plus grand profit de son auditoire curieux et captivé, de larges et intéressantes perspectives sur l’avenir et les transformations prévisibles de la presse écrite et des autres médias (radio, télévision, Internet). Faisant part de ses convictions personnelles fondées sur l’apport d’une pratique acquise de longue date et sur un examen lucide et critique de la situation présente, il évoqua ce que pourraient être les évolutions majeures des médias traditionnels ainsi que l’influence que ne manquera pas d’exercer sur eux le développement du numérique.

Une volonté de partage et d’échange

Toutes les réponses que Jérôme Cadet donna aux questions qui lui furent posées témoignèrent avec force de l’extrême vivacité de son attachement à un métier dont il a su montrer une vaste palette d’aspects, en en décrivant les difficultés, liées notamment à une obligation particulièrement rapide d’adaptation au réel de l’instant et aussi à de nouvelles conditions de travail (par exemple France Info passant de la radio à la télévision), sans oublier de décrire avec sincérité et conviction, de manière concrète et vécue, tout ce qu’apporte au journaliste lui-même le travail qu’il accomplit avec la certitude de remplir une mission passionnante au cours de laquelle peut surgir à tout instant l’inattendu, pour lequel il faudra réaliser avec une grande honnêteté intellectuelle et morale une transmission parfaitement maîtrisée.
Avec une belle aisance dans laquelle ne cessait de transparaître l’expression d’une véritable passion pour son métier, Jérôme Cadet répondit à toutes les questions qui lui furent posées par les élèves et les étudiants présents. C’est sans surprise qu’il encouragea ceux de ses auditeurs qui se sentaient attirés par cette profession à se préparer à l’exercer dans les meilleures conditions possibles et avec une persévérance qui ne se laisserait jamais affaiblir par d’inévitables obstacles à surmonter. Tous ceux qui ont sollicité des précisions et des conseils ont obtenu entière satisfaction au terme d’un débat vraiment enrichissant par lequel s’est achevée cette Rencontre avec un remarquable professionnel de la communication médiatique.

Au nom de l’Association des Anciens de Gay-Lussac, Jean-Pierre Levet, se faisant l’interprète de l’ensemble des participants, étudiants, anciens élèves et gens de la ville, remercia très chaleureusement Jérôme Cadet d’avoir accepté de venir s’exprimer à Limoges et fit observer que cette Rencontre avait pleinement correspondu à l’esprit de la série de manifestations culturelles conçue par Laurent Bourdelas.

Déjeuner au Lycée

A vos agendas !

Comme chaque fin d’année scolaire, nous vous proposons de nous retrouver pour un temps convivial au Lycée : un déjeuner entre camarades de l’association, précédé de la conférence de l’un de nos membres.

Votre programme du MARDI 28 JUIN 2016

  • 11 heures – Conférence de Michel Botineau “Les plantes ont-elles une place dans la médecine du XXIe siècle ?”
  • 12h30 – Déjeuner au réfectoire du Lycée (participation de 20€ par personne à régler sur place)

Inscription obligatoire pour le déjeuner, avant le 21 juin : JE M’INSCRIS

CONFERENCE : Les plantes ont-elles une place dans la médecine du XXIe siècle ?

L’évolution des soins par les plantes dans différentes civilisations au cours de l’histoire.

Planche ancienne MillepertuisDepuis leur origine, les hommes ont utilisé les plantes pour se soigner. Il est remarquable de constater que ceux-ci, quelle que soit la civilisation, les a choisi selon leurs « signes », cette fameuse théorie des Signatures qui, en Europe occidentale, était encore utilisée au début du XXe siècle.
Puis la chimie, par son essor, a pris le relai avec le succès que l’on connaît. Pourtant, l’utilisation des plantes n’a pas disparu. Hormis la pratique de la phytothérapie qui a montré parfois sa supériorité, il faut savoir que les plantes servent dans les recherches de pointe, comme par exemple l’élaboration de nouveaux médicaments contre les cancers.
Mais l’utilisation des plantes demande une grande rigueur scientifique, parfois absente, hélas, d’articles trop souvent tapageurs.

Michel BotineauDocteur ès Sciences pharmaceutiques, Michel Botineau est professeur retraité de botanique à la Faculté de Limoges, ancien secrétaire général de la Société botanique de France et ancien président de la Société botanique du Centre-Ouest. Il est le concepteur du jardin médiéval de Dignac (Charente) où il habite. Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment publié aux éditions Belin le Guide des plantes médicinales, le Guide des plantes sauvages comestibles, ainsi que Les plantes du jardin médiéval. Il a fréquenté le Lycée Gay-Lussac de 1953 à 1968.

La conférence sera suivie d’un déjeuner au Lycée. Participation au déjeuner : 20 € par personne (règlement sur place). Inscription préalable obligatoire, avant le 21 juin : JE M’INSCRIS

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Les deuxièmes Rencontres de Gay-Lussac ont permis au public – parmi lequel des adhérents de l’association Droujba – de découvrir Michel Aucouturier, lors d’un entretien animé par Laurent Bourdelas suivi de questions des personnes présentes.

Michel Aucouturier, est né en 1933 et il a longtemps enseigné le russe à l’Université de Genève puis à la Sorbonne. Découvrant la poésie de Pasternak durant ses études, il a poursuivi ses recherches sur le poète en Russie, où il a séjourné comme boursier du gouvernement français. Il traduit aussi du russe en français. Professeur de langue et littérature russe émérite à Paris IV La Sorbonne et à l’Ecole Nationale Supérieure, il est aussi l’un des grands spécialistes de l’oeuvre de Léon Tolstoï. Il est l’auteur du premier livre publié en France en 1964 sur le poète russe Boris Pasternak (1890-1960), lauréat du Prix Nobel de littérature 1958. Il a depuis dirigé la publication de son œuvre dans la collection de la Pléiade.

Et c’est autour de son nouvel ouvrage : Un poète dans son temps Boris Pasternak (Editions des Syrtes), qu’était articulée la Rencontre.

Boris Pasternak, né en 1890, est l’un des plus grands poètes du XXème siècle. Son éveil à la poésie a coïncidé avec la Révolution de l’été 1917, qu’il a perçue comme « un dieu descendu du ciel sur la terre, le dieu de cet été » et célébrée dans Ma sœur la vie, le recueil qui ouvre son itinéraire de poète. Sa fidélité au principe lyrique de la poésie l’a cependant amené à opposer une résistance obstinée à l’idéologie de plus en plus rigide et mortifère qui envahissait les idéaux proclamés par le communisme triomphant. L’objectivation de cette expérience lyrique et de sa résistance à l’idéologie dominante s’est réalisée dans le roman Le Docteur Jivago qu’il tenait pour l’œuvre de sa vie. Publié à l’étranger malgré l’opposition des autorités soviétiques (Michel Aucouturier a raconté tout cela dans une atmosphère très « espions et guerre froide »), ce roman apporte à Pasternak une renommée internationale et une violente persécution dans son pays où il est aujourd’hui réhabilité et célébré.

un public nombreuxLa Rencontre a également permis d’évoquer la famille de Pasternak, son père peintre, illustrateur de Tolstoï, sa mère musicienne, la question de la judéité… La première vocation aussi, du poète : la composition musicale, suite à la découverte de Scriabine, avant le renoncement. Et puis, les études de philosophie, à Moscou et à Marbourg. Les relations, toujours inspirantes mais souvent compliquées, avec les femmes. Celles avec le futurisme et Maïakovski, Staline et Tsvetaeva ou Rilke.

Michel Aucouturier s’est appuyé sur les nombreux documents devenus accessibles depuis la mort du poète en 1960, en particulier sur sa nombreuse correspondance, et sur les nombreux souvenirs des contemporains de Pasternak, pour retracer l’itinéraire de ce poète qui a dû affronter son temps pour préserver sa personnalité et faire entendre sa voix. Il a expliqué comment il avait échangé avec les proches du poète et Laurent Bourdelas a signalé l’intérêt des photographies publiées dans l’ouvrage.

Page et plume partenaireMerci à Michel Aucouturier pour sa participation.
Merci à la librairie Page et Plume pour leur soutien.

 

Le déjeuner parisien annuel de l’Association des anciens élèves du Lycée Gay-Lussac, organisé par notre camarade Tristan d’ALBIS, se tiendra cette année le SAMEDI 28 MAI au restaurant du Sénat , sous le patronage du Sénateur Jean-Marc GABOUTY.

JacquesHenriDavidIl sera placé sous la présidence de Jacques-Henri DAVID, ancien élève du Lycée, polytechnicien, énarque, ancien directeur du cabinet d’un Ministre des finances, et président d’une grande banque internationale.

L’après-midi se prolongera, pour ceux qui le souhaitent, par l’exposition « Chefs-d’œuvre de Budapest » au Musée du Luxembourg.
En savoir plus sur l’exposition

Comme d’habitude, les conjoints et conjointes sont les bienvenus!

Prolongation du délai d’inscription : bulletin à envoyer impérativement avant le 13 Mai.
Téléchargez le bulletin d’inscription.

Déjeuner au Sénat : 49,20 € par personne / Visite de l’exposition : 17 € par personne
Aucune inscription ne pourra être prise en compte sans le règlement total préalable. Merci de votre compréhension.

Accueil à partir de 12 h – Déjeuner à 12 h 30 au Restaurant du Sénat (15 ter, rue de Vaugirard 75006 Paris). Pensez à vous munir de votre pièce d’identité.

En savoir plus sur le Banquet parisien

Pour profiter de tous les rendez-vous proposés, pensez adhérer ou à mettre à jour votre cotisation annuelle à l’association : téléchargez votre bulletin d’adhésion

PhotoBanquetParis

Les Rencontres de Gay-Lussac ont une vocation à la fois citoyenne et culturelle, éducative au sens premier du mot. Elles ont pour but d’inviter des personnalités d’envergure nationale pour un échange avec les lycéens, professeurs et anciens du Lycée.

Deuxième invité des Rencontres… Michel Aucouturier, qui évoquera Boris Pasternak au cours d’un entretien avec Laurent Bourdelas.

Michel Aucouturier, professeur émérite de langue et littérature russe à Paris IV La Sorbonne et à l’Ecole Nationale Supérieure est un des grands spécialistes de l’oeuvre de Léon Tolstoï. Il vient de publier aux Editions des Syrtes la biographie : “Un poête dans son temps : Boris Pasternak”.

Rendez-vous VENDREDI 1er AVRIL 2016, de 18h à 20h, au Lycée Gay-Lussac.
Entrée gratuite, mais inscription préalable obligatoire (nombre de places limité) : je m’inscris

Livre Boris PasternakLe mot de l’éditeur
Michel Aucouturier est l’auteur du premier livre publié en France sur le poète russe Boris Pasternak (1890-1960), lauréat du Prix Nobel de littérature 1958 (Pasternak par lui-même, Editions du Seuil, “Ecrivains de toujours”, 1964), le traducteur d’un grand nombre de ses poèmes et de ses oeuvres en prose, et le rédacteur de l’édition collective de son œuvre en français (Pasternak, Œuvres, Gallimard, “La Pléiade”, 1990).
Dans ce nouvel ouvrage, il a voulu donner une vision globale de la formation et de l’évolution de la personnalité et de l’œuvre du poète, en s’appuyant en particulier sur les nombreux textes publiés en Russie depuis sa mort, notamment sur l’œuvre de jeunesse en partie inédite, ainsi que sur une très importante correspondance, publiée pour la première fois dans sa totalité dans l’édition russe de Œuvres complètes (Polnoe SobranieSotchinenii, Moscou 2003-2005, vol. VII à X consacrés à la correspondance). L’ouvrage est construit selon un plan chronologique, chacun de ses dix chapitres étant centré sur une phase particulière de la formation et de l’évolution du poète, ainsi que sur une personnalité ou un épisode qui l’a particulièrement influencée.

Rendez-vous VENDREDI 1er AVRIL 2016, de 18h à 20h, au Lycée Gay-Lussac.
Entrée gratuite, mais inscription préalable obligatoire (nombre de places limité) : je m’inscris

Un public nombreux pour les rencontres de Gay-LussacEn savoir plus sur Les Rencontres de Gay-Lussac

Vous vous intéressez aux Rencontres de Gay-Lussac, pensez à adhérer à l’Association pour soutenir ses initiatives ! Je télécharge mon bulletin d’Adhésion.

Le 29 janvier dernier, s’est tenue la première des Rencontres de Gay-Lussac. Nous avons eu le plaisir d’accueillir l’historienne de renom, Mona Ouzouf au cours d’un entretien avec Laurent Bourdelas.

Remise de la Médaille de la Ville de Limoges à Mona Ozouf

Remise de la Médaille de la Ville de Limoges à Mona Ozouf

Après quelques mots d’accueil de Jean-Christophe Torrès, Proviseur du Lycée et de Jean-Pierre Levet, président de l’Association, Mona Ozouf a eu la surprise de se voir honorée par la Médaille de la Ville de Limoges, remise des mains du Maire Emile-Roger Lombertie en personne.

Durant près de deux heures d’entretien, elle a évoqué devant un public nombreux, son parcours et les thèmes qui lui sont chers tels que la Révolution française, la République et la littérature.

A l’issue de cet entretien, une séance de dédicaces était organisée en partenariat avec la Librairie Page et Plume, à l’occasion notamment de la sortie récente de son ouvrage “De Révolution en République”, paru aux éditions Quarto Gallimard.

Encore tous nos remerciements à Mona Ozouf pour sa participation, et aux partenaires de l’événement, tels que Le Populaire du Centre et la radio RCF.

Un public nombreux pour les rencontres de Gay-Lussac

Compte-rendu de la rencontre avec Mona Ozouf.

La présentation par Laurent Bourdelas

« Mesdames, Messieurs, Chers collègues, Chers élèves et chers anciens élèves,
Je crois que nous avons beaucoup de chance aujourd’hui, à vrai dire une chance exceptionnelle : celle d’accueillir dans notre lycée, pour cette séance inaugurale des Rencontres de Gay-Lussac, une personnalité en tous points remarquable, puisqu’il s’agit de Madame Mona Ozouf, normalienne, agrégée de philosophie, qui a rejoint, par l’intermédiaire de son mari l’historien Jacques Ozouf, spécialiste de l’Ecole républicaine, un groupe d’autres historiens, notamment : Denis Richet, Emmanuel Leroy-Ladurie et François Furet. Membre du Centre de recherches politiques Raymond-Aron à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est ensuite directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Et je vous remercie d’autant plus de votre présence que vous écrivez, dans la préface du Quarto que Gallimard vient de consacrer à vos écrits, que « l’atelier de l’historien » est « toujours encombré par les sollicitations extérieures, colloques, présentations, préfaces, commémorations en tous genres » et que vous observez que votre travail est « si souvent dérouté par ces demandes intempestives ». C’est donc un honneur insigne que vous nous faites en répondant à notre invitation !
Rencontres de Gay-Lussac - Association des Anciens du LycéeLes centres d’intérêt de notre hôte, vous le savez, sont multiples, de l’histoire – en particulier de la Révolution, de la République et de l’Ecole – à la littérature. Mona Ozouf a d’ailleurs cela en partage avec d’autres grands historiens qu’elle est aussi un écrivain de grand talent, plusieurs fois primée, qui a reçu l’an passé à Brive le Prix de la langue française « qui récompense une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique dont l’oeuvre a contribué de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française » ce dont sont convaincus tous ses lecteurs.
C’est pourquoi il est particulièrement plaisant de la recevoir dans ce lycée qui a vu passer entre ses murs – entre autres auteurs – le poète Georges Fourest, Georges-Emmanuel Clancier, Robert Giraud, Pierre Bergounioux ou Robert Margerit, qui écrivit une très belle suite romanesque intitulée  La Révolution rééditée il y a peu chez Phébus. Ce lycée aussi dans la chapelle duquel se réunirent ceux qui préparèrent à Limoges les Etats Généraux de 1789. Et je dois également signaler à Mona Ozouf que ce vénérable établissement a accueilli des élèves qu’elle connaît bien par ailleurs : Jean-Baptiste Jourdan, qui participa à la guerre d’indépendance américaine aux côtés de La Fayette puis fut notamment le général vainqueur de la bataille de Fleurus en 1794, ou  Pierre-Victurnien Vergniaud, grand orateur du parti girondin et de la Révolution, dont vous écrivez, dans le portrait de groupe des Girondins qu’il partage en mars 1793 la Convention en deux groupes : « Celui qui souhaite « entretenir l’effervescence de la Révolution » parce qu’il la croit – Vergniaud est équitable, dites-vous – « indispensable à l’énergie de notre défense » ; et celui, dont il est, qui croit venu le moment « d’arrêter le mouvement révolutionnaire ». Nous y reviendrons, si vous le voulez bien, dans quelques instants.
Pour finir, je crois qu’il n’est pas non plus anodin que cette Rencontre se déroule dans une salle baptisée il y a peu du nom de Joseph Storck, proviseur pendant la Seconde Guerre Mondiale, résistant, qui protégea ses élèves juifs, illustrant ainsi au plus haut point les valeurs issues des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789, et de la République. Nous sommes finalement au cœur de vos travaux – mais aussi d’une certaine manière de ceux de Jacques Ozouf, par ailleurs neveu de Pierre Brossolette – et notamment de ceux qui viennent d’être publiés dans un Quarto Gallimard intitulé De Révolution en République les chemins de la France, qui va nourrir notre conversation… »

Compte-Rendu de l’entretien

Séance dédicaces pour Mona OzoufLa première partie de l’échange a été nourrie par Composition française (2009), livre où Mona Ozouf revient sur son enfance bretonne, et sur la question de l’identité, des identités multiples – elle qui est la fille d’un instituteur laïc et militant de la langue bretonne dans les années 1920-1930, Yann Sohier, et d’Anne Le Den, également institutrice. Elle rappelle que notre identité est multiple, « composée » de ce qui n’est pas choisi et de ce qui l’est. Est évoquée la tragédie de la mort du père alors qu’elle n’a que 4 ans : « il est là et en même temps pas là, passé derrière une porte invisible (…) Tout bascule à ce moment de la vie : car je ne reconnais pas non plus ma mère, entrée dans une dissidence muette. » Dès lors, l’école républicaine tient une place primordiale pour Mona, d’autant plus que sa mère est maîtresse d’école. Elle obtient d’ailleurs le 1er prix de français au Concours général et ensuite réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure où elle prépare et obtient l’agrégation de philosophie. Elle fait néanmoins part de son « regret tenace que me laissait l’abandon de l’enseignement des lettres au profit de la philosophie et de l’histoire a fini par s’apaiser. Je le dois pour une bonne part à Jean Daniel, qui a eu la gentillesse de m’accueillir dans les pages littéraires du Nouvel Observateur pour des contributions aujourd’hui réunies dans La cause des livres. » Mona Ozouf rappelle ses rencontres avec l’écrivain Louis Guilloux, à Saint-Brieuc, qui fût peut-être à l’origine d’un déclic en lui disant : « Tu vois, si on n’est pas capable d’écrire un roman, on peut tout de même écrire ; tu peux devenir la personne qui sait le plus de choses sur Chateaubriand. Et ce n’est pas rien. »
Il est alors question du « le bonheur gratifiant d’enseigner aux élèves ». C’était à une époque où l’on bénéficiait encore pleinement de « l’attention » des élèves si chère au philosophe Alain…  Une époque où la transmission l’emportait encore sur le besoin permanent de communication d’aujourd’hui et où la parole du maître était moins mise en concurrence… où il n’y avait pas cette nouvelle religion du tout numérique et de l’immédiateté.
Vint aussi le moment de l’engagement au Parti Communiste Français, en même temps que la fréquentation de certains amis historiens – l’historienne parle d’un engagement «étourdi », mais aussi d’une fidélité au père et d’une sécurité intellectuelle… Jusqu’à cela devienne le passé d’une illusion… pour reprendre l’expression de François Furet.
Lorsque l’on dit à Mona Ozouf qu’elle est de ces femmes de diverses générations et spécialités, qui, au 20ème siècle, ont brillé par leur magister dans une France et même une Université où les hommes tenaient encore le haut du pavé – on songe à Simone de Beauvoir, bien entendu, évoquée avec d’autres dans le livre Les mots des femmes paru chez Fayard, mais peut-être aussi à Germaine Tillion, Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt, Simone Bertière, Arlette Farge, et quelques autres – elle répond n’avoir rencontré aucun problème particulier, son « féminisme » allant de soi, sans doute hérité de sa grand-mère, « forte femme » comme bien des Bretonnes d’alors. Il est précisé que Mona Ozouf a brossé de magnifiques portraits de femmes, comme Marie-Antoinette ou Madame Roland, à propos de quielle a écrit : « il y a mille destins possibles pour les femmes, mais on peut tous les vivre, et jusqu’au sien, si lugubre, dans l’exercice illimité de la pensée libre. »
Il est ensuite question des travaux de Mona Ozouf à propos de la Révolution Française et de cette idée – développée dès La Fête révolutionnaire 1789-1799 dans une perspective anthropologique avec Alphonse Dupront – selon laquelle il y aurait à travers cette période une unité et une cohérence de programme… Il y aurait même une immédiate radicalité de la Révolution, dès 1789 Il y avait une volonté de rompre avec « l’Ancien régime » qui n’attendit pas 1793, une volonté de faire « table rase », une idée de régénération, d’éliminer « le mal » (on songe à Robespierre, mais aussi à Mirabeau qui dit « nous recommençons l’histoire des hommes ». Il faut exclure les « impurs », les aristocrates. En même temps, cette volonté politique des révolutionnaires doit tenir compte de la géographie, de l’histoire, de l’habitude, des coutumes qui ont précédé 1789. Est aussi rappelée la controverse entre l’anglais Edmund Burke et l’américain Thomas Paine, le premier évoquant l’association des morts, des vivants et de ceux à naître, et le second – favorable à la Révolution bien que malmené par Robespierre – parlant de l’ « autorité usurpée des morts ». Il s’agit aussi de cela, avec la Révolution Française… Du fait aussi que la France serait une nation plus politique que culturelle… (Taine parle de « mal français »).
Après la Révolution Française, après les aléas politiques et constitutionnels du 19ème siècle, il s’est agi de mettre en place, à partir de 1870 et même plus précisément à partir de 1879, la République et même de choisir quelle forme de République. Une République, explique Mona Ozouf, « qui répare », héritière de la Révolution, mais aussi de l’Empire et finalement de tout le 19ème siècle… L’un des moyens d’affermissement de cette République – sans doute le principal – est l’Ecole, étudiée avec Jacques Ozouf dans La République des instituteurs mais aussi dans un livre consacré à Jules Ferry, la liberté et la tradition, qui restaure l’instruction obligatoire et la laïcise – Ferry est d’ailleurs membre du Grand Orient de France. Cette République et cette Ecole vont de pair. Au programme de cette école républicaine, l’histoire joue un rôle important, peut-être majeur, qui permet de réconcilier le passé et la Révolution – celle-ci servant d’ailleurs d’aune pour juger le passé, établissant des distinctions entre moments de retard dans la marche vers le progrès et bon chemin – y compris en distinguant par exemple les « bons » rois des autres…

Librairie Page et Plume partenaire de l'événementAvec Jules Michelet puis Ernest Lavisse – dont l’historienne a rédigé avec Jacques Ozouf une préface aux Souvenirs – se construit un « roman national républicain » enseigné aux petits Français, futurs citoyens – et parfois aussi futurs combattants car il faut réparer la blessure de 1870 – ; on se souvient de la phrase de Lavisse dans l’un de ses manuels : « Tu dois aimer la France, parce que la Nature l’a faite belle, et parce que l’Histoire l’a faite grande. » Mona Ozouf dit « installer la gloire et la grandeur au centre de l’école. » Et en même temps, on assiste à un assouplissement du modèle jacobin, la République s’enracinant finalement « en prenant appui sur les particularités locales », par exemple avec le Tableau géographique de la France de Vidal de La Blache, la diversité française apparaissant comme une chance… Finalement, l’identité française que l’on a parfois tenté d’instrumentaliser est un équilibre fragile entre volonté d’universalisme et attachement aux racines…

Ainsi se termine la première des Rencontres de Gay-Lussac.

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Invité de la prochaine rencontre : Michel AUCOUTURIER

Les Rencontres de Gay-Lussac ont pour but d’inviter au Lycée, environ quatre fois par année scolaire, des personnalités d’envergure nationale (littérature, histoire, philosophie, sciences, économie, art…) afin qu’elles partagent leurs connaissances, leurs recherches, leurs créations… avec les élèves du lycée et des classes préparatoires aux grandes écoles, les personnels et les “anciens” de l’établissement.

Mona Ozouf

Mona Ozouf © Souloy/SIPA

Première invitée des Rencontres…
La grande historienne Mona OUZOUF.

Directeur de recherche au C.N.R.S., historienne, auteur de nombreux ouvrages, Mona OZOUF reviendra sur son parcours et les thèmes qui lui sont chers tels que la Révolution française, la République et la littérature, au cours d’un entretien avec Laurent Bourdelas.

Rendez-vous VENDREDI 29 JANVIER 2016, de 18h à 20h, au Lycée Gay-Lussac.

Entrée gratuite, mais inscription préalable obligatoire (nombre de places limité) : je m’inscris

Ces Rencontres ont une vocation à la fois citoyenne et culturelle, éducative au sens premier du mot ; elles se veulent enrichissantes pour tous, créeront également du lien entre élèves actuels et anciens ; organisées en accord avec la direction de l’établissement, elles contribueront au rayonnement du Lycée, ainsi qu’à celui de la ville de Limoges et du Limousin, désormais au cœur d’une région plus vaste.

Ces rencontres sont organisées par l’Association des Anciens de Gay-Lu et animées par Laurent Bourdelas, membre du comité de l’Association.