La classe prépa ou le couteau suisse du candidat

Au delà de l’organisation, la méthode et l’effort acharné, la réussite en classe prépa réside aussi dans la passion de la découverte et l’exaltation d’une certaine curiosité. Retour d’expérience d’un ancien de Gay-Lu, élève de classes prépa au Lycée, aujourd’hui élève de Sciences Po Rennes.

 

étudiant de classe prépa

« Le combat peut être une fête ». Je crois dans la justesse de ces mots assemblés à merveille par Jorge Luis Borges.

Bien sûr, nous sommes loin de cette Argentine qu’il décrit à merveille dans Evaristo Carriego, ouvrage aux accents proustiens consacré à la terre de son enfance. Je souhaite pourtant, par cette digression d’ancien Hypokhâgneux (cela ne s’invente pas), rassurer celles et ceux qui se demandent parfois comment on résiste à la submersion d’un travail engloutissant. Bien sûr, il y a l’organisation, la méthode et l’effort acharné. N’oubliez jamais que la réussite réside aussi dans la passion de la découverte et l’exaltation d’une certaine curiosité.

La classe préparatoire est parfois présentée comme le tonneau des Danaïdes, à jamais remplie par ces élèves studieux désireux d’acquérir de précieux savoirs. C’est pourtant une étape formatrice qu’il ne faut jamais voir comme un frein mais comme une opportunité à saisir. Il ne s’agit donc pas ici d’opposer la préparation d’un concours au travail quotidien à mener en prépa mais, au contraire, de mettre en exergue la richesse d’une bataille sur deux fronts en apparence inconciliables.

 

De la méthode

étudiante concentrée

N’oubliez jamais que tout ce que vous avez acquis depuis votre arrivée en prépa est une force. Vous êtes dotés d’un atout majeur : le sens de l’organisation. Chaque matière a une place bien déterminée dans la semaine et les programmes de révision sont aussi millimétrés qu’un plan quinquennal soviétique. Procédez de la même manière avec les épreuves de vos concours : prévoyez une tranche de travail quotidienne et tenez vos objectifs. Le « goût de l’effort » n’est pas une fadaise. Il y a de la satisfaction et du plaisir à retirer d’un fort investissement intellectuel.

De la volonté

S’engager en prépa, c’est faire preuve d’une forte détermination. Tout Hypokhâgneux mesure le poids des lectures à effectuer au cours de l’été précédant la rentrée, et ce au détriment de chauds congés post-bac. Il faut néanmoins faire preuve de persévérance et prendre conscience d’une réalité : la CPGE conjuguée à la préparation d’un concours est une course d’endurance d’un an. S’il est nécessaire de s’accorder des pauses et de décompresser, toutes vos aptitudes doivent être mobilisées pendant de longs mois : mémorisation maximale, fichage intensif, lecture, planification, révision…

livres ouverts

De la connaissance

Cloisonner prépa et concours est une faute à ne pas commettre. Que le contenu de celui-ci soit plus ou moins éloigné de la nature de votre spécialité, il y a toujours beaucoup à retirer d’une année en CPGE. L’encadrement dont bénéficient les étudiants, le suivi rigoureux des parcours, le professionnalisme des enseignants et l’exigence bienveillante de ceux-ci sont précieux face aux dangers de l’égarement professionnel. La prépa est une étape, un outil, sorte de couteau-suisse à jamais réutilisable. Affronter une khôle prépare nécessairement à un entretien ou au sacro-saint grand-oral de nombreux Instituts. C’est aussi un moment de vie marquant, tout à la fois éprouvant et gratifiant. C’est un modèle de formation envié pour son caractère formateur et émancipateur.

 

La classe prépa n’est pas un carcan. C’est un tremplin, un socle sur lequel peut être érigée une kyrielle de parcours. L’enseignement suivi donne tout à la fois accès à un vivier de connaissances fondamentales et à des méthodes de travail absolument indispensables pour réussir de longues études. Il ne faut jamais dissocier l’organisation propre aux CPGE et la poursuite d’un cursus. Que celui-ci soit dans la droite ligne des matières étudiées ou qu’il s’en éloigne, il y a toujours beaucoup à exploiter de la classe prépa. La rigueur est un atout dans un environnement estudiantin marqué par l’incertitude et le décrochage. Le savoir est une arme à brandir pour faire sa différence. C’est aussi un trésor à partager, une mine à exploiter. Le combat intellectuel peut donc résolument être une fête.

 

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